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Témoins de traitements inhumains infligés à des exilés à Lesbos, et qui font partie d’une réalité quotidienne, Jeunesse sans frontières, Welcome to Europe et Équipes chrétiennes pour la paix / Projet Méditerranée adressent une lettre ouverte aux autorités concernées (voir aussi http://lesvos.w2eu.net/).

Le texte anglais peut être téléchargé ici, et sa traduction peut être lue ci-dessous :

 

 » Jeunesse sans frontières/Jugendliche ohne Grenzen Welcome to Europe w2eu
Équipes Chrétiennes pour la Paix/Projet Mediterranée

Lettre de protestation contre le traitement inhumain des réfugiés sur l’ile grecque de Lesbos

Cette lettre est adressée dans le même temps à :
• le chef des gardes-ces sur l’ile de Lesbos, Manolis MARGOMENOS
• le chef de la police de l’ile de Lesbos, Taxiarxos Konstantinos LAGOS
• le maire de l’ile de Lesbos, Dimitris VOUNATSOS
• Amnesty International
• Human Rights Watch
• Elena VALENCIANO (S & D, ES), présidente du Comité des Droits de l’Homme du Parlement européen
• divers médias en Allemagne et en Grèce

Berlin/Hambourg/Mytilène, août 2014

Mesdames, Messieurs,

Nous avons été témoins récemment de la manière dont des réfugiés ont été exposés après leur arrivée sur l’ile de Lesbos à des traitements inhumains de la part des gardes-côtes grecs.
Nous protestons par cette lettre contre cette manière de faire.

Mercredi 6 août 2014, nous avons prévu, dans le cadre de notre camp d’été de Jeunesse sans frontières et Welcome to Europe (deux réseaux de solidarité anti-raciste) sur l’ile de Lesbos d’organiser une fête avec et pour les réfugiés et migrants. Nous avons choisi pour cette fête PIKPA, un centre ancien centre pour les enfants, qui a été converti par des militants de Lesbos avec l’accord du maire en un centre d’accueil pour offrir aux réfugiés nouvellement arrivés un toit sur leur tête, les premières informations juridiques et de la nourriture. Ainsi, ce mercredi des réfugiés venus de Turquie étaient arrivés et avaient passé à PIKPA le temps d’attendre pour être enregistrés par les autorités grecques.Finalement, un bus des gardes-côtes est arrivé, et environ 35 des réfugiés devaient être emmenés.

Ces personnes, qui avaient traversé la nuit précédente la mer entre la Turquie et l’ile de Lesbos – risquant leur vie entassés sur des petits bateaux – méritaient un traitement humain – comme n’importe qui d’autre. Elles n’étaient coupables d’aucun crime. Le seule « crime qu’elles avaient commis » est d’avoir fuit leur pays en raison de la guerre, de la violence et de la faim. La manière inhumaine par laquelle les gardes-côtes grecs ont traité ces réfugiés, est l’occasion de cette lettre.

Un officier des gardes-côtes grecs, dont nous connaissons le nom, avait une liste de nom écrite à la main. Il a rugit chacun de ces noms sur un ton brusque et militaire. S’attendant à ce que chaque personne dont le nom était crié le comprenne immédiatement et lève la main, il est immédiatement devenu agressif quand ce n’est pas arrivé. Quand eles ont réagi à ses cris, il leur a été commandé durement d’entrer dans le bus qui attendait là. Il faisait une chaleur de 35 degrés, le bus était prévu pour 10 personnes, ses fenêtres étaient fermées. La procédure a pris plus de 30 minutes, pendant e temps, les personnes qui étaient déjà montées devaient rester dans la chaleur insuportable du bus. Après que presque tout le monde soit entré, l’officier leur intima de ressoritr et de rester dehors. Il a laissé tout le monde dans l’obscurité quand aux motivations de cette conduite. La même procédure a été répétée une deuxième fois : chacun était appelé, son nom crié avec agressivité, pour entrer immédiatement dans le bus et y attendre, assis dans la chaleur insupportable, a dû descendre du bus, a été rappelé, le nom crié avec agressivité, etc… En tout, cette procédure a duré plus de 2h30. Il fait si insupportablement chaud dans le bus que certains étaient au bord de perdre connaissance pendant les entrées et sorties répétées.

Lundi 11 août 2014, un autre groupe de réfugiés dans un canot pneumatique a été pris à 6 h du matin près de l’ile de Lesbos par les gardes-frontières grecs. Un des réfugiés était gravement blessé à la main par un coup de couteau. Un autre réfugié présent à bord a essayé – dans la panique par rapport à un possible refoulement vers la Turquie par les gardes-côtes – de percer des trous dans le bateau avec un couteau, espérant deviendrait inutilisable et que les gardes-côtes ne pourraient que sauver les passagers et non les repousser sur leur propre bateau dans les eaux turques – ces refoulements arrivent régulièrement. Le jeune homme qui a été sévèrement blessé est intervenu parce qu’il avait peur pour sa vie et celle des autres passagers. Il a perdu beaucoup de sang et a demandé de manière répétée pendant les heures qui ont suivi de l’aide. Il est resté comme tout le groupe la journée entière sous le contrôle des gardes-côtes, saignant mais sans recevoir de soins médicaux. Nous avons trouvé le blessé à 9 h du soir, 15 heures s’étaient écoulées depuis l’attaque. Il avait une chemise sale nouée autour de sa main. Le sang avait séché et la chemise était collée aux blessures. À l’hôpital, le médecins a diagnostiqué que les tendons de plusieurs doigts étaient coupés. En raison de la complexité de la blessure, le jeune homme ne pouvait aps être sooigné à l’hôpital de Mytilène. Il a été envoyé dans une clinique spécialisée à Athènes, où il a subi une opération de micro-chirurgie de deux heures. On lui a dit qu’il ne pourrait plus jamais bouger l’auriculaire.

Les deux situations décrites, le traitement dégradant dans un cas et le non-traitement de blessures sévères, ne sont évidemment pas des exceptions. Les réfugiés nous racontent encore et encore de telles expériences, parfois plus mauvaises. Particulièrement en ce qui concerne le nouveau « centre d’accueil financé par l’Union européenne, une prison près du village de Moria, presque toutes les personnes libérées que nous avons rencontrées nous ont raconté des traitements dégradants quotidiens par la police grecque. Les membres des gardes-côtes grecs ont agit dans les deux cas sous les yeux de nombreux témoins. Quand personne ne regarde, le niveau de violence raciste auquel sont exposés les réfugiés est plus élevé encore.

Par cette lettre nous en appelons à votre humanité. Les réfugiés ont parcouru une route longue et dangereuse, et ont aussi un long voyage devant eux. Ils sont des êtres humains et doivent être traités comme des êtres humains. Nous vous appelons à respecter les droits de l’homme – spécialement avec les réfugiés.

La violation systématique des droits de l’homme doivent arrêter immédiatement. Les réfugiés ont besoin de protection et de respect.

Nevroz Duman – Jeunesse sans frontières/ Jugendliche ohne Grenzen
Margret Geitner – Welcome to Europe
Sara Ballardini, Ramyar Hassani – Christian Peacemaker Teams/Mediterranean Project

JOG – www.jogspace.net; Welcome to Europe – www.w2eu.net; Christian Peacemaker Teams/Mediterranean Project – www.cpt.org  »