Accord UE – Turquie : la Turquie négocie des accords de réadmission pour mieux expulser

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Amnesty International avait déjà signalé les expulsions de la Turquie vers l’Afghanistan et la Syrie sans que les personnes soient en mesure de demander l’asile. La Turquie est en train de négocier des accords de réadmission avec 14 pays, dont l’Afghanistan, l’Érythrée, l’Irak, l’Iran, le Soudan, pour pouvoir y expulser plus commodément.

L’accord entre l’Union européenne et la Turquie, dont l’application débutait le 20 mars, prévoit que pour chaque Syrien-ne renvoyé-e de Grèce vers la Turquie un-e réfugié-e syrien-ne soit réinstallé-e de la Turquie vers l’Europe. Il ne dit rien quant aux autres nationalités dont des ressortissants seront renvoyés de Grèce en Turquie. Celle-ci est en train de se donner les moyens de les renvoyer dans leur pays d’origine.

Article en anglais dans le quotidien turc Hurriyet Daily News :

http://www.hurriyetdailynews.com/turkey-seeks-readmission-deals-with-iraq-iran.aspx?pageID=238&nID=97699&NewsCatID=510

 

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Accord UE – Turquie : renvois de la Turquie vers la Syrie

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C’est à nouveau une enquête d’Amnesty International qui permet d’établir que la Turquie expulse non seulement vers l’Afghanistan, mais aussi vers la Syrie. À cela s’ajoutent le blocage de réfugié-e-s à la frontière syro – turque, des réfugié-e-s syrien-ne-s en Turquie, non enregistré-e-s par les autorités turques, ce qui les empêche d’accéder à un certains nombre de droits, et des réfugié-e-s qui choisissent de ne pas se faire enregistrer par peur d’être expulsé-e-s en Syrie.

Demain 4 avril doivent commencer les expulsions de la Grèce vers la Turquie dans le cadre de l’accord conclu entre la Turquie et l’Union européenne. Avec le risque que des personnes soient renvoyées dans leur pays d’origine sans avoir la possibilité de demander l’asile.

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/04/turkey-illegal-mass-returns-of-syrian-refugees-expose-fatal-flaws-in-eu-turkey-deal/

 

Accord UE – Turquie : renvois de la Turquie vers l’Afghanistan

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Alors que l’accord entre l’Union européenne vers la Turquie, prévoyant le renvoie des réfugiés de la Grèce vers ce pays considéré comme sûr, venait à peine d’être signé, la Turquie renvoyait de force des demandeurs d’asile afghans sans qu’ils soient informés de leurs droits et sans qu’ils aient eu la possibilité de demander l’asile.

Informations d’Amnesty International :

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/03/turkey-safe-country-sham-revealed-dozens-of-afghans-returned/

 

Délit de solidarité en Grèce, réponse en Écosse

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Suite aux arrestations de volontaires et aux entraves à l’action humanitaire dans les îles grecques, une organisation écossaise lance un appel à la mobilisation de la société britannique pour interpeller les parlementaires et amplifier les actions de solidarité.

http://www.migrantsrights.org.uk/news/2016/call-oppose-plans-criminalise-charities-and-volunteers-greek-islands?utm_source=Migrants+Rights+News&utm_campaign=8399fe5f00-MRN_News_05-05-2015&utm_medium=email&utm_term=0_1084a7080c-8399fe5f00-217248241

Appel à s’opposer aux projets de criminaliser les associations et les volontaires dans les îles grecques

1er février 2015

Un groupe de campagne pour les réfugiés basé en Écosse,  Positive Action in Housing, qui apporte une aide médicale et des volontaires à Lesbos depuis octobre 2015, appelle à des actions pour s’ooposer aux projets des ministres de l’intérieur de l’Union européenne de criminaliser les associations, les habitants et les volontaires comme étant des « passeurs » parce qu’ils aident les réfugiés qui arrivent dans les îles grecques. Le groupe a listé une série d’actions que vous pouvez faire pour protester contre ce projet.

AGISSEZ MAINTENANT

1. Écrivez à votre député et plus importants aux parlementaires européens, pour protester contre ces changements et pour leur demander de créer un corridor sûr pour les réfugiés de guerre. Demandez-leur ce qu’ils font pour aider les réfugiés qui essayent de rejoindre l’Europe. Réclamez qu’ils demandent que l’Union européenne amende ses lois contre les passeurs de manière à ce que personne qui offre une aide humanitaire tellement vitale ne soit jamais pénalisé pour cela. Écrivez avec vos propres mots et envoyez une copie de votre lettre à home@paih.org . Publiez leurs réponses sur les médias sociaux. Rendez-les responsables. Vous pouvez trouver qui est votre député / député européen en suivant ce lien https://www.writetothem.com/

2. Si vous appartenez à un parti politique, à un syndicat, à un groupe confessionnel, ou à tout autre réseau où il y a des gens, utilisez cette lettre pour passer le mot, faire bouger quelque chose, nous pouvons tous jouer notre rôle. Fites-nous savoir ce qui vous faites en envoyant un mail à home@paih.org.

3. Donnez à notre Appel sur la Crise des Réfugiés pour envoyer un message d’espoir aux réfugiés de guerre et un message de méfiance aux dirigeants européens qui préparent un génocide de fait sur les vies des réfugiés. 100 % des fonds iront à sauver des vies de réfugiés à Lesbos. https://mydonate.bt.com/events/refugeecrisisappealeuropes

4. Soutenez l’action humanitaire et le travail d’interpellation de Positive Action par un don régulier. Nous sommes soutenus par des dons en moyenne de 25 £ par an. Seule une petite partie de nos souscrpteurs donnent. Si chaque personne qui lit ceci donne 3 £ ou 4 £ par mois, notre collecte de fonds serait faite. Nous sommes une petite association sans but lucratif qui a des dépenses pour des projets de pointe et pour employer une équipe salariée. Vous pouvez mettre en place un payement régulier de 4 £ par mois ou combien vous pouvez en cliquant ici : clicking here, ou pour d’autres moyens de donner, allez here.

5. Aimez notre page facebook Positive Action par l’Hébergement (www.facebook.com/paihltd) et suivez-nous sur twitter @PositiveActionH pour rester en contact avec notre travail.

6. Envoyez un message de soutien à Éric et Philippa Kempson sur notre page facebook. Ils l’apprécieront https://www.facebook.com/paihltd/posts/10156692804495314

 

Délit de solidarité : en Grèce aussi

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Il n’y a pas qu’en France que le délit de solidarité a cours (voir ici, ici et ). En ce mois de janvier, la Grèce à aussi vu des contrôles policiers, des arrestations et des poursuites à l’encontre des personnes solidaires des exilé-e-s.

Un rapport sur des fait constatés dans les îles grecques de Chios et de Lesbos, à proximité des côtes turques :

 

« Rapport (14/01/2016) de Chios, qui montre typiquement comment la situation s’est exacerbée au cours de la semaine dernière :

·         Le déploiement de FRONTEX a commencé sans aucune information venant du gouvernement grec en direction des politiques locaux et de la population locale.

·          FRONTEX est maintenant présente partout. Des patrouilles sont déployées de manière permanente dans les lieux où les bateaux de réfugiés touchent terre. Les policiers de FRONTEX sont assis avec les policiers grecs dans les voitures de police grecques.

·         Les garde-côtes – probablement sur ordre de FRONTEX – n’autorisent plus les bateaux de pecheurs loués par les associations d’aide à quitter le port et à aider les réfugiés sur les bateaux pneumatiques à gagner le rivage.

·         La police grecque avec les flics de FRONTEX demandent leurs dicuments d’identité à tous les aidants sur les plages sous prétexte d’empêcher que les réfugiés ne soient dévalisés, les bateaux pillés et les moteurs volés.

·         Aujourd’hui (14/01) des douaniers sont allés dans un petit port pour contrôlers les boites contenant des vêtements etc qui sont envoyées par des citoyens aux organisations et groupes qui apportent les premiers secours aux réfugiés qui arrivent.

·         Le volontaire espagnol qui a pris des photos du bateau néerlandais de FRONTEX dans le port et qui a été arrêté, va probablement être poursuivi pour “espionage”.

·         Les deux volontaires suisses qui ont été pris avec un peu de hachich ont été condamnés chacun à 8 mois de prison sous caution.

·         Il semble que la situation a aussi empiré sur la côte turque. Les bateaux patrouilleurs sont pendant toute la journée présents dans le détroit entre la Turquie et Chios pour qu’aucun bateau ne puisse passer. Alors que le temps était très beau et la mer calme aujourd’hui (14/01), aucun bateau de réfugié n’est arrivé avant tard le soir.
Post-scriptum (17/01) LESBOS
·        Les procédures préliminaires contre trois pompiers espagnols qui ont décidé de quitter leur travail pour aider les réfugiés dans la Mer égée et deux Danois sont en cours. L’ONG danoise a mis un bateau rapide à disposition pour des missions de sauvetage, à bord duquel étaient ces cinq personnes. Ils ont remorqué un bateau pneumatique de réfugiés jusqu’à la côte grecque. Ils sont maintenant accusés d’avoir aidé à l’entrée de “migrants illégaux”, ce qui est un crime grave en Grèce. Le procureur les poursuit parce qu’un bateau de garde-côtes et qu’il n’avaient pour cela pas besoin de secours immédiats.

Hier (16/01), ils ont été amenés devant un juge d’instruction qui – après presque 12 heures d’investigation et l’audition de témoins, parmi lesquels aussi des parlementaires de Syriza – les a libérés sous une caution de 5000 € chacun et 10000 € euros pour le Danois à qui appartenait le bateau.

·        Un autre bateau avec 17 réfugiés a fait naufrage la nuit d’avant-hier dans le Détroit de Samos. Jusqu’à présent six personnes ont été retrouvées mortes

·        La préfecture du Dodecanèse a décidé de contrôler toutes les ONG actives dans les îles du sud de l’Égée ainsi que tous les médecins; ils auraient à fournir la preuve qu’ils sont médecins et devraient recevoir un certificat ad hoc.

·        The Le gouvernement Syriza a décidé le 31 décembre 2015 que le fonctionnement des centres de rétention serait prolongé jusqu’à fin 2018.
Arrêtez la criminalisation de la solidarité avec les réfugiés MAINTENANT !

Avec le temps nous apprenons à nous attendre à tout avec le gouvernement « pour la première fois à gauche » de Syriza, mais nous restons choqués devant la criminalisation de la solidarité avec les réfugiés, une politique qui ressemble de plus en plus à la politique de ses prédécesseurs et à celle de ses partenaires européens.
La semaine dernière a commencé la mise en place de la mise à niveau des policiers de Frontex, qui ont maintenant le droit de contrôler les citoyens grecs et étrangers ou les membres d’organisations sociales et politiques qui offrent un soutien aux réfugiés, que ce soit en les sauvant ou en réalisant des actions d’accueil et de solidarité (ciosines sociales, distributions de vêtements) avec l’arrivée des gens dans les îles. À Chios, un Espagnol solidaire est poursuivi pour espionage parce qu’il a photographié un bateau de Frontex. À Mythilène, des membres danois et espagnols d’ONG de solidarité qui ont remorqué un bateau vers la côte de Lesbos pour secourir les personnes qui y étaient embarquées sont poursuivis pour le crime d’aide à l’entrée d’étrangers illégaux.
Les accusations sont artificielles et sans contenu, et ne nous leurrent pas : s’il y a avait une politique organisée, adaptée, déterminée et effective d’accueil pour les réfugiés et immigrants, il n’existerait pas de phénomène d’abus et d’exploitation, dont, à côté de la « sécurité » de la frontière, les nouvelles formes de gestion et de répression qui sont si soudainement et immédiatement initiée par le Ministère de l’immigration sont sensées nous protéger. Le fait que le purgatoire de Petrou Ralli[i] fonctionne dans des conditions inacceptables, le fait qu’il y ait sous ce gouvernement qui se dit de gauche des centres de rétention, des Amygdalezas [ii] , des Hot Spots[iii] et que les personnes solidaires soient poursuivies en justice dans les îles, constitue une politique répressive et raciste.

Il est exigé [iv] du gouvernement Syriza de gérer la question européenne brûlante de la fermeture et de l’expansion des frontières pour empêcher par tous les moyens possibles la fuite des populations de « là-bas », de la terreur et de la misère des guerres impérialistes, des dictatures locales, du terrorisme fasciste type Daesh, et du jeu géostratégique de la puissance. Le fait que la Grèce ait été converti en en pays souis à un contrôle d’acier et qu’elle ait perdu sa libre volonté, force aussi le gouvernement à abandonner ses positions fondamentales d’avant les élections par rapport à la question des réfugiés et assigne à nouveau au pays le sale boulot de faire le tri entre réfugiés et migrants et d’expulser un grand nombre de personnes en quête de refuge. À son tour la Grèce essaye de pousser la pression de l’interception vers la Turquie.

Le gouvernement sous pression essaye de mettre la pression sur la solidarité : il s’embrouille avec les personnes solidaires et imagine des critères d’accréditation ridicules pour ceux qui aident les réfugiés. Rappelons que c’est grâce à la solidarité remarcable et sans précédent qu’ont montré tant la population locale sinistrée par la crise que les personnes solidaires de Grèce et d’Europe, qu’une certaine cohésion sociale est encore maintenue dans les îles. Le gouvernement leur est redevable, ils ne doivent rien au gouvernement.

Nous demandons :

La fin immédiate des poursuites contre les personnes solidaires

Le départ de Frontex de la Grèce

Le démontage de la clôture de l’Evros

La construction de structures d’accueil ouvertes et adaptées

L’asile politique pour les personnes qui relèvent de l’asile

La régularisation des immigrants

NE TOUCHEZ PAS AUX PERSONNES SOLIDAIRES

Réseau pour le Soutien Social aux Réfugiés et Migrants

Réseau pour les Droits Politiques et Sociaux

15.1.2016

 

[i] Le centre de rétention de migrants de la police d’Athènes
[ii] Amygdaleza est le plus grand centre de rétention grec, à environ 20 km du centre-ville d’Athènes
[iii] Les nouveaux centres d’identification (jusqu’à présent à Lampedusa, en Italie, et dans trois iles grecques, 5 étant prévus), ou selon une procédure accélérée il est décidé si le réfugié va recevoir l’asile ou un droit de rester temporairement en Europe, ou s’il va être expulsé
[iv] i.e. par l’Union européenne
[v] La clôture à la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce, qui empêche les réfugiés de franchir la frontière par la terre »

 

Frontière gréco-macédonienne : soutien aux exilés

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Cet appel à la solidarité nous vient de frontière gréco-macédonienne :

https://goo.gl/maps/mta6Gt1f8LD2

 

« Solidarité avec les manifestant.e.s et les grévistes de la faim à
Idomeni !

Nous sommes actuellement en train d’établir un point d’information pour
ceux qui sont refoulés à la frontière greco-macédonienne à Idomeni. Afin
de montrer à ceux qui manifestent que leurs appels sont entendus et leur
lutte est reconnue en Europe et à travers le monde, nous demandons aux
individus et aux groupes de nous envoyer des messages de solidarité :
ceux-ci constitueront des instances de soutien pour ceux qui luttent
pour leur liberté de mouvement, des déclarations d’unité pour ceux qui
combattent la Forteresse Européenne.

Quel que soit votre message de solidarité, envoyez-le-nous. Nous serons
présents à Idomeni avec une imprimante, un mégaphone et des appareils
photos. Nous imprimerons vos messages, vos photos et vos poèmes. Nous
diffuserons ces mots de solidarités et nous rendrons compte de la
situation sur place.

Prouvons que nulle barrière, mur ou présence militaire ne peut sceller
la frontière, où qu’elle soit. Soyons présents – physiquement ou en
parole, image et sons – aux côtés de ceux qui luttent et montrons-leur
notre soutien. Envoyez vos appels de solidarité à l’adresse
freemovementinfocar@riseup.net.
Ou postez-les sur cette page:
https://www.facebook.com/Solidarity-with-Eidomenei-1653758584899704/?fref=ts

Les murs ne pourront tomber que lorsque ceux qui secouent leurs
fondements seront entendu.e.s. »

 

Également dans d’autres langues :

 

« Solidarity with the protesters and hunger strikers in Idomeni!

We are currently setting up an Infopoint for the people who are pushed
back at the Greek-Macedonian Border in Idomeni.
In order to show the people who are protesting that their calls are
being heard and their struggle is recognised in Europe and across the
world, we are asking for individuals and groups to send statements of
solidarity: small moments of support for those fighting for their
freedom of movement. Declarations of unity to those struggling against
Fortress Europe.

Send us whatever sign of support comes to your mind. We will be present
in Idomeni with printer, megaphone and camera. We will print all
statement, photographs and poems. Play the words of solidarity. And
report back on what happens.

Let us prove that no fence, no wall and no military presence can seal
borders. Let us be there to show support and solidarity to those in
struggle. And if not in person, than in word, picture and sound. Send us
your solidarity call to freemovementinfocar@riseup.net or post it here!
https://www.facebook.com/Solidarity-with-Eidomenei-1653758584899704/?fref=ts

Walls fall only when those shaking their foundations are being heard!

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Solidarität mit den Protestierenden und Hungerstreikenden in Idomeni!

Wir sind dabei einen Infopunkt aufzubauen für die Menschen, die an der
griechisch-mazedonischen Grenze in Idomeni festsitzen und zurückgedrängt
werden.
Um den Protestierenden zu zeigen, dass ihre Rufe und ihr Kampf in Europa
und der ganzen Welt gesehen und gehört werden, rufen wir dazu auf,
Solidaritätserklärungen zu senden: Momente der Unterstützung für
diejenigen, die für ihre Bewegungsfreiheit kämpfen. Vereinte Erklärungen
derjenigen, die gegen die Festung Europa kämpfen.

Sendet uns, was immer euch als Zeichen der Unterstützung einfällt. Wir
werden in Idomeni Drucker, Megaphone und Kamera bei uns haben und alle
Erklärungen, Fotos und Gedichte ausdrucken, die Worte der Solidarität
abspielen und berichten, was passiert.

Lasst uns zeigen, dass kein Zaun, keine Mauer und kein Militär die
Grenzen abriegeln kann. Lasst uns da sein, um Unterstützung und
Solidarität für die Protestierenden zu zeigen. Und wenn nicht
persönlich, dann mit Worten, Bildern und Tonaufnahmen. Sendet uns eure
Solidaritätserklärungen an: freemovementinfocar@riseup.net oder postet
sie hier!
https://www.facebook.com/Solidarity-with-Eidomenei-1653758584899704/?fref=ts

Mauern fallen nur, wenn die, die an ihren Grundfesten rütteln, auch
gehört werden!

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Llamamiento para mensajes y fotos de solidaridad con Idomeni

¡Solidaridad con los manifestantes y huelguistas de hambre en Idomeni!

Actualmente estamos instalando un puesto de información para la gente
impedido de cuzar la frontera entre Grecia y Macedonia en Idomeni.

Para mostrar a la gente en protesta y en huelga de hambre que su
llamamiento se oye y su lucha se reconoce en Europa y en todo el mondo,
invitamos a los individuos y grupos de mandar mensajes de solidaridad:
pequeños momentos de apoyo para los que luchan para su libertad de
movimiento. Declaraciones de unidad para los que luchan en contra de la
Fortaleza Europa.

Mándanos un señal de apoyo cualquiera que te viene a la mente. Estaremos
presente in Idomeni con una impresora, un megáfono y una camera.
Imprimiremos cada mensaje, foto y poema. Vamos a reproducir cada palabra
de solidaridad y informaremos sobre lo que pasará.

Demostraremos que ninguna cerca, ni muro, ni presencia militare puede
cerrar la frontera. Estaremos presente para mostrar apoyo y solidaridad
con los que luchan. Si no en persona, en palabras, imagines o sonido.
Mándanos tu llamamiento de solidaridad a freemovementinfocar@riseup.net
O postéalo en nuestra pagina facebook:
https://www.facebook.com/Solidarity-with-Eidomenei-1653758584899704/?fref=ts

Los muros solamente se caen si se escuche los gritos de los que les
hacen temblar!

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Solidarietà con i manifestanti e con lo sciopero della fame a Idomeni!

Al momento stiamo allestendo un infopoint per le persone che vengono
respinte al confine Greco-Macedone di Idomeni.Per dimostrare alle
persone che manifestano e che fanno lo sciopero della fame che le loro
voci sono sentite e che le loro lotte sono riconosciute, in Europa ed in
tutto il mondo, chiediamo ad individuini ed a gruppi di mandare messaggi
di solidarietà: piccoli momenti di supporto per coloro che lottano per
la loro libertà di movimento. Dichiarazioni di unità con quelli che
combattono Fortezza Europa.

Mandateci qualsiasi segno di solidarietà vi venga in mente. Saremo
presenti ad Idomeni con una stampante, un megafono ed una macchina
fotografica. Stamperemo tutti i messaggi, le foto e le poesie ed
informeremo su quello che accade.

Dimostriamo che nessuna barriera, nessun muro e nessuna presenza
militare può chiudere le frontiere. Siamo presenti per dimostrare
supporto e solidarietà per quelli che lottano. E se non di persona
allora con le parole, le foto, i disegni ed i suoni. Madateci le vostre
chiamate di solidarietà a: freemovementinfocar@riseup.net oppure
postatele qui!
https://www.facebook.com/Solidarity-with-Eidomenei-1653758584899704/?fref=ts

I muri cadono solo quando coloro che scuotono le loro fondamenta vengono
sentiti!
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Solidarnost s prosvjednicima i štrajkača glađu u Idomeni!

Trenutno se uspostavlja Infopoint za ljude koji u pritvoru u
grčko-makedonske granice u Idomeni.

U cilju prikazati ljude koji su prosvjedovali da je njihova pozivi su
čuli i njihova borba priznaje se u Europi i diljem svijeta, mi tražimo
za pojedince i grupe za slanje poruka solidarnosti: male trenutke
podrške za one bore za svoju slobodu pokret.
Izjave o jedinstvu u onima koji se bore protiv tvrđave Europe.
Pošalji nam bilo znak podrške padne na pamet.

Mi ćemo biti prisutni u Idomeni s pisača, megafonom i kamera. Mi ćemo
ispisati sve izjave, fotografije i pjesme. Ponavljanje riječi
solidarnosti, izvijestit ćemo vratiti na ono što se događa.
Neka nam dokazati da nema ograde, nema zid i nema vojnu prisutnost može
zatvoriti granice. Budimo tamo pokazati podršku i solidarnost s onima u
borbi. Čak i ako ne fizički prisutna, nego ćemo prenijeti solidarnost
kroz riječi, slika i zvukova. Pošaljite nam svoj solidarnosti poziva
freemovementinfocar@riseup.net, ili ga staviti ovdje u komentarima!
https://www.facebook.com/Solidarity-with-Eidomenei-1653758584899704/?fref=ts

Zidovi padaju samo kad ti odmahivali temelji se čuje! »

 

EidomeneiPhoto : Solidarity with Eidomenei.

De l’île de Lesbos aux jungles du Dunkerquois, l’asile à deux vitesses

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Île de Lesbos – Grèce

https://goo.gl/maps/8DgebRFR5f32

Près de 350 000 exilé-e-s sont arrivé-e-s sur cette île grecque à proximité des côtes turques. Pour quitter l’île, il faut prendre le ferry, et pour ça il faut s’enregistrer auprès des autorités. Le premier « hotspot » de Grèce, ces centres d’enregistrement et de tri que met en place l’Union européenne aux principaux lieux d’entrée sur son territoire, se trouve là, dans l’ancien centre de rétention de Moria. Ce centre n’héberge pas, il enregistre. les exilé-e-s dorment où ils et elles peuvent, avec le soutien d’ONG, de bénévoles. Pour s’enregistrer, deux files : une, prioritaire, les Syrien-ne-s; l’autre, les non-Syrien-ne-s.

http://newirin.irinnews.org/divers/2015/10/27/lapproche-des-hotspots-aggrave-la-crise-migratoire

Balkans – aux frontières

Jeudi 19 novembre, la Macédoine et la Serbie ferment leur frontière aux exilé-e-s ne venant pas de pays en guerre. En fait seul les ressortissants afghans, irakiens et syriens peuvent passer, et remonter vers l’Europe centrale. Les autres sont bloqués dans le pays où ils se trouvent, et dans le premier d’entre eux, la Grèce.

http://www.courrierdesbalkans.fr/le-fil-de-l-info/les-dernieres-infos-o-refugiesbalkans-l-autriche-la-slovenie-et-la-croatie-vont-elles-fermer-leurs-frontieres.html

Téteghem – France

https://goo.gl/maps/XVukN4ThKvA2

Un campement d’exilé-e-s en partance vers le Royaume-uni se trouve sur le territoire de cette commune des environs de Dunkerque, dans le nord de la France. Depuis début octobre, sa destruction est annoncée par les autorités. La police vient fréquemment arrêter des habitant-e-s et saccager des parties du campement pour faire partir les gens. Une affiche de la sous-préfecture de Dunkerque mise à l’entrée du campement promet aux Irakiens et Syriens : « La France vous accueille et vous offre l’asile immédiat ». Mercredi 18 novembre, le campement est démantelé (voir ici, ici, ici et ).

 

Les autorités européennes avaient développé un discours séparant les « réfugié-e-s », qu’il faut accueillir et protéger, des « migrant-e-s économiques », qui ne sont pas bienvenu-e-s et doivent être renvoyé-e-s dans leur pays d’origine. On a maintenant une hiérarchisation entre les réfugié-e-s légitimes, Syrien-ne-s, Irakien-e-s, parfois Afghan-e-s, et les autres.

On a deux systèmes qui se superposent, et reposent sur les hotspots. Les exilé-e-s qui entrent dans l’Union européenne sont sensé-e-s devoir y être tou-te-s enregistré-e-s lorsque le système sera en place. A priori, les « migrant-e-s économiques » seraient expusé-e-s vers leur pays d’origine. Une partie des « réfugié-e-s légitimes », prioritaires, pour le moment les Irakien-ne-s et Syrien-ne-s, serait admise selon un système de quota dans les différents pays de l’Union européenne qui les accepteraient. Les autres se verraient appliquer le règlement Dublin III, qui fait dans la plupart des cas du pays d’entrée dans l’Union européenne celui où ils et elles doivent faire leur demande d’asile. Si l’enregistrement dans les hotspots est systématique, avec prise des empreintes digitales et enregistrement dans la base de donnée Eurodac, seul-e-s les réfugié-e-s admis-e-s dans les quotas devraient être accueilli-e-s dans d’autres pays que les pays d’entrée. Sauf à quitter ces pays (Grèce, Bulgarie, Italie…) pour vivre ailleurs une existence de sans-papiers.

Sous couvert humanitaire (accueillir les Syrien-e-s), le système qui est en train de se mettre en place, basé sur les hotspots, les quotas et le maintien du règlement Dublin III, risque donc d’être encore plus inéquitable que ce dernier appliqué seul.

 

Téteghem asileL’affiche apposée à l’entrée du campement de Téteghem, dans le nord de la France, à la frontière britannique.

Visages d’Europe – Horgos

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La suite de la chronique de Céline Barré dans les Balkans sur la route des exilé-e-s.

 

Horgos. Frontière Hongroise – 18 septembre.

https://goo.gl/maps/ed85398TsUq

3000 personnes bloquées à cette frontière. Un mur, des barbelés, des policiers hongrois et un drapeau européen qui flotte au loin. Il fait chaud et il n’y a qu’un point d’eau pour 3000 personnes. Les gens sont assis devant les barrières barbelées, la foule scande « We love Hungaria, we love hungarian police», « we want to go to germany », « we want freedom ».

Des enfants syriens répètent naïvement « open the door, open the door ».

Ces gens ne veulent que traverser la Hongrie, ils ne veulent pas y rester, juste continuer leurs parcours.

La tension monte. Du côté hongrois, on ramène un char à eau, sorte de karcher à très haute pression. Les familles espèrent pouvoir passer alors ils ont leurs sacs sur le dos et les gosses dans leurs bras. Un groupe de 10 personnes s’énerve et finit par ouvrir la première barrière. Un cri de joie, d’espoir mais qui dure le temps de quelques secondes. La police hongroise charge, gaze la foule.

Près de moi, une famille avec un bébé de 6 mois se fait gazer. Le bébé suffoque, la mère panique. La foule fait demi-tour et de nombreux enfants tombent par terre, se font piétiner. La police continue de gazer.

Ce gaz lacrymogène brûle les yeux, la gorge, les poumons. Ce gaz pique la peau, s’incruste dans les vêtements. Il faut plus de 10 min pour retrouver une respiration normale. Certains vomissent, beaucoup pleurent. Les mères hurlent leur rage. Certains jeunes se décident à lancer des pommes, des pierres sur les forces de l’ordre. Les hongrois répliquent avec leurs karchers. La pression est telle que pendant une heure, c’est le chaos.

La rage, la fatigue, l’injustice, ça créé de la révolte, de la violence. Qui ne se révolterait pas lorsque de bons petits soldats gazent des enfants ? Du côté serbe, les policiers fument des cigarettes, rient de la situation, regardent passivement les gens courir, les enfants pleurer…. ce qu’il se passe ici, ça n’est pas leur problème.

La tension redescend, les jeunes se rassemblent à nouveau devant la barrière et reprennent leurs slogans de paix. « We just want peace ». Les gamins se remettent peu à peu des effets du gaz mais la peur est là. En face d’eux, des barbelés et des centaines de policiers.

Quelques minutes plus tard, une rumeur éclate, ils ont ouvert la frontière. On entend les applaudissements. La foule se reforme et les gens rentrent du côté hongrois. La frontière semble ouverte. Les mères prennent leurs enfants sous les bras et se remettent en route.

« Thank you, good luck and see you in Francia » dit un père de famille. Ça semble être un piège mais ils avancent.

Puis des cris, à nouveau du gaz, de l’eau à haute pression. Les gens font demi-tour, gazés à nouveau. Les enfants hurlent, les bébés n’ont même plus de réactions. La police charge.

C’était une blague.

Les gens ont pu avancer sur 30 mètres en Hongrie puis la police a chargé, gazé, matraqué, aspergé. Une journaliste revient en pleurs du « front » ; elle s’est faite matraquée par la police. L’air est irrespirable sur plusieurs mètres. Une mère hurle sa colère et son impuissance envers la police, sa fille de 8 ans la suit, elles se font à nouveau gazer. C’est aussi ça « Welcome refugees ».

Un camp s’installe à quelques mètres de la frontière, regroupant les 3000 personnes. D’autres arriveront demain. Pas d’eau, pas d’électricité, pas de toilettes, pas de nourriture. Rien. Nous sommes dans une prairie serbe à la frontière hongroise. Quasiment aucune assistance humanitaire et 3 personnes de l’UNHCR égarées.

Une file d’attente se forme au niveau du seul point d’eau. Les pères lavent les vêtements de leurs enfants, il faut enlever le gaz lacrymogène de leurs vêtements sinon ils risquent des allergies, des brûlures et des problèmes respiratoires.

Deux camions ramènent des denrées alimentaires, c’est-à-dire du pain. Aucune organisation pour la distribution alors c’est la cohue. On jette le pain aux gens comme on jette de la bouffe au bétail.

Bienvenue en Europe, c’est notre manière de vous faire comprendre notre niveau de considération envers vous et vos familles. On vous gaze puis on vous jette du pain.

2 bus vides arrivent sur place afin de dissuader les réfugiés de rester ici, à la frontière. Il y a un camp de réfugiés à quelques dizaines de kilomètres. Un bel enclos rien que pour vous ! Vous aurez de quoi manger et une couverture en plus ! Pensez à vos enfants, ne restez pas là… et puis de toute façon votre parcours est fini, il s’arrête là. Vous verrez, c’est bien la Serbie ! Et puis souvenez-vous…Si vous tentez une quelconque résistance…on recommencera à gazer vos gosses. Alors silence maintenant, montez dans le bus et allez au camp !

Visages d’Europe – à la frontière serbo – hongroise

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La suite de la chronique de Céline Barré sur la route des exilé-e-s dans les Balkans :

 

Frontière Serbie – Hongrie (Europe) – 16 septembre.

https://goo.gl/maps/ed85398TsUq

« We don’t want you here, understand ? »

Voilà ce que l’on entend en arrivant à Subotica, ville à la frontière serbo-hongroise. Nous descendons à cette gare routière pour prendre une correspondance pour Horgos, dernière ville avant la Hongrie. Un agent nous informe que nous pouvons prendre le bus de 15 h mais que les réfugiés devront attendre le bus de 18 h. Pourquoi ? Parce que le bus de 15 h est réservé pour nos enfants et pour les européens. Les réfugiés doivent attendre. Nous allons ensuite au guichet acheter un ticket. La vendeuse nous dit que le bus de 15 h est complet, qu’il faut attendre celui de 18 h, on se risque à dire que nous ne sommes pas réfugiés : elle s’excuse, nous pouvons prendre le bus de 15 h. Nous prendrons celui de 18 h, comme tout le monde. Celui de 15 h est parti quasiment vide, seulement rempli de serbes et d’européens. Le bus de 18 h emmènera plus de 100 personnes dont des enfants et des personnes âgées assis par terre.

Nous appelons un hôtel pour ce soir : 1ère question : « Are you Syrians ? Refugees ? ». « No, europeans. Why ? » « Because Europeans, Yes. Refugees, No ». Faudrait-il leur imposer des étoiles jaunes pour pouvoir mieux les identifier ces réfugiés ? Cela fait échos aux cours d’histoire au lycée, ceux qui nous expliquaient comment on avait été capable de rejeter des catégories de personnes. Le racisme, la xénophobie, la ségrégation. Ces mots font peur, ils sont tabous mais j’ai cette angoissante impression qu’ils sont d’actualité. Plus nous remontons l’Europe, plus la pression se ressent.

« We don’t want you here » ; cette phrase a été prononcée par l’agent de la gare, envers une personne demandant où il pouvait acheter son ticket de bus. Gêné, il ne s’est pas énervé, il est juste parti, silencieux. Être témoin de cette scène ne m’a pas fait réagir non plus. Pas de réaction. L’écœurement et la passivité prennent le dessus sur la colère.

La frontière entre la Serbie et la Hongrie a fermé hier soir. Les derniers « chanceux » ont pu passer la frontière. Pour les personnes avec lesquelles nous étions dans le bus, le parcours s’arrête ici, à Horgos. Le bus nous arrête au croisement d’un chemin de fer. Un panneau : « Border 3 km. Border will be closed at midnight ». C’était un message d’alerte daté d’hier. Aujourd’hui, c’est trop tard. Les familles ne savent pas où aller. Il faut quand même tenter. Il faudra marcher 3 km pour atteindre la frontière. Fermée. Murs barbelés, forces de l’ordre postées de l’autre côté. Le parcours s’arrête là. Une mère accompagnée de ses deux fils me demande « Border closed ? ». « Yes ». Elle s’effondre.

Il y a aussi ces 3 petites filles de 3 ans, des triplettes, qui jouent aux abords des grillages barbelés, cette grand-mère qui arrive en fauteuil roulant, cet ado à qui il manque une jambe. Plus d’une semaine de marche, de fatigue, de peur, de violence, de faim pour arriver ici, à Horgos, sorte de no man’s land grillagé. Pas d’eau, pas de nourriture. Ils mangent quand les gosses ? Ils dorment où ? Ici, ça ne semble être la préoccupation de personnes. On ne peut avoir qu’un sentiment de honte à l’égard de cette Europe sans pitié. Certains disent qu’il faut partir vers la Croatie qui se trouve à plusieurs centaines de kilomètres mais les serbes contrôlent, arrêtent et expulsent vers la Macédoine. La Hongrie a renforcé ses effectifs policiers, a installé l’armée. Les journaux serbes parlent de « 100 000 clandestins bloqués dans le pays dont des terroristes ». La propagande anti-migrants est bien là et l’Europe lui offre un beau terrain d’émancipation.

La nuit tombe et les triplettes dormiront dehors et ce, dans la plus grande indifférence européenne. Le ministre serbe a exhorté le gouvernement hongrois à revenir sur sa décision de stopper les entrées et demande de laisser rentrer « au moins les femmes et les enfants ». Ah enfin un peu d’humanité ! Les pères ? Qu’ils aillent défendre leurs pays au lieu de vouloir protéger leurs gosses !

Il règne ici une atmosphère de guerre sans comprendre qui est l’ennemi.

Visages d’Europe – d’Athènes à Belgrade

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La suite de la chronique de Céline Barré sur la route des exilé-e-s dans les Balkans.

 

D’Athènes à Belgrade – 14 septembre

https://goo.gl/maps/aCtJVd6CfsG2

Ana.

28 personnes dont 11 enfants et 4 bébés morts noyés en mer entre la Turquie et la Grèce hier Dimanche 13 septembre. Un ado de 14 ans tué d’une balle perdue suite aux tentatives des gardes côtes grecques de couler un bateau. 3 enfants portés disparus. Combien faut-il encore de gosses morts pour reconnaître que les frontières tuent ? La frontière maritime fait une sélection avant de laisser entrer des personnes en Europe. Les plus téméraires y arriveront, ceux qui auront le bateau le moins abîmé, ceux qui ne seront pas confrontés aux gardes-côtes turcs et grecs dont certains contribuent à couler les bateaux.

Impossible ? Mensonge ? C’est pourtant ce que les réfugiés racontent. Un jeune boxeur irakien témoigne que son bateau transportait 43 personnes dont lui et sa petite amie. Les gardes-côtes turcs se rapprochent de leur bateau et tournent autour de celui-ci. Cela créé des vagues, les vagues remplissent le bateau. Le bateau s’enfonce. Les 43 personnes à bord paniquent, les parents montrent leurs enfants pour supplier les gardes côtes d’arrêter leur jeu mais ça ne marche pas. Des enfants dans un bateau en train de couler ? Trop commun, on a déjà vu ça trop de fois. Le bateau s’enfonce de plus en plus alors il faut écoper, on jette les sacs dans l’eau. On y perd l’argent, les portables, les couvertures, les photos. Question de survie. Ce bateau arrivera à bon port, c’est-à-dire échouera sur une plage de Lesbos. Ces témoignages, nous pouvons les entendre chaque jour, mais jusqu’à quand serons-nous capable d’être témoins-impuissants de cette situation ?

Les passages de frontières terrestres ne sont pas plus simples. Nous avons rejoint la frontière gréco-macédonienne en taxi avec le père syrien et son fiston. Ils voulaient faire une pause à Athènes pour dormir, se laver et digérer l’expérience de Lesbos, mais pas le temps, il faut se presser. La Hongrie est en train de finir la construction du mur, après cela il ne sera plus possible de passer par cette route. Le taxi nous amène en pleine campagne, proche d’une gare désaffectée. Sur place, plusieurs centaines de personnes doivent se diviser en groupe de 50 et attendre parfois plusieurs heures avant de pouvoir traverser la frontière. Cette frontière est une lande de 3 à 4 km qu’ils devront traverser le plus vite possible et ce, sous le contrôle des autorités des deux pays. Nous n’avons pas été autorisés à suivre Hussein et son père. Pour nous, les « non réfugiés », il faut emprunter la voie légale, celle qui commence par « Your passeport please » et qui finit par « Thank you and welcome to Macedonia ». Qu’il est bon d’être européen.

Avant de se quitter, le père d’Hussein nous demande la traduction en anglais des termes « hyper-tension », « diabète », au cas où il s’affaiblit sur la route.

Nous tentons de retrouver Hussein en Macédoine mais ils ont décidé de poursuivre la route, prenant un bus de nuit pour rejoindre la Serbie. Ils n’ont toujours pas dormi depuis Lesbos.

Aux frontières entre la Macédoine et la Serbie, les réfugiés doivent s’enregistrer auprès des autorités. Celles-ci leurs délivrent un document les autorisant à rester sur le territoire pendant 72 heures, sinon ils risquent l’expulsion ou l’emprisonnement. Arrivés en Macédoine, nous n’avons pas été autorisés à prendre les mêmes bus que les réfugiés. Ce sont des bus spécialement réservés pour eux. Le prix est plus cher pour eux. Les compagnies de bus et les taxis se régalent. Nous traversons alors la Macédoine pour rejoindre la frontière avec la Serbie. Sur la route, nous apprenons que la Macédoine envisage de construire un mur à la frontière grecque pour « bloquer l’afflux de réfugiés ». Ils iront où ces gens ? A nouveau, des personnes sont parquées en pleine campagne et lorsque la police les autorise à passer, il faut faire vite. Prenez vos gosses sous le bras et marchez le plus vite possible !

Nous arrivons enfin à prendre un bus « commun » pour rejoindre Belgrade. Nous payons le même tarif « special refugees ». Dans ce bus, des gosses et des femmes enceintes. Ana a 24 ans, elle est accompagnée par son père, son frère et son fils Walid, 2 ans. Son mari est resté bloqué en Turquie. Ana est enceinte de 7 mois, elle espère arriver vite en Allemagne, elle se sent fatiguée. Lorsque le bus s’arrête à Belgrade, il est 23 heures et Walid a froid. Plus de 500 personnes ont posé leurs tentes dans le parc à côté de la gare. Dès que nous sortons, des rabatteurs proposent des taxis à 300 euros pour amener les gens à la frontière, située à 1heure de route. « Good price…border will be closed tomorrow ». Certains taxis amènent des personnes à 100 km de la frontière leur faisant croire qu’ils sont en Allemagne.

C’est ici à Belgrade que la rumeur se confirme, la Hongrie est en train de terminer la construction de son mur et a annoncé que sa frontière sera entièrement fermée ce lundi 14 septembre fin d’après-midi. Voilà, on y est. On accueille un certain quota, on communique sur la générosité européenne, puis on ferme. Et s’ils n’arrivent pas à passer avant la fin d’après-midi, on leur dit quoi à Ana et son gosse de deux ans ? On s’excuse Ana…on avait prévenu, on ne prend qu’un nombre limité de personne… tu es enceinte ? Ta fille sera une bonne serbe ou une bonne macédonienne.

Allez Ana, oublies tes contractions, paye 300 euros de taxi et tente ta chance, il te reste encore quelques heures pour traverser la frontière hongroise !